Rosaura

Rosaora 2

Libération
Mardi 30 Mars 2004

Théâtre. Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna, une singulière complémentarité.

Un cocon pour deux

Deux calderón-le dramature espagnol et la pièce de Pasolini-sont à l’origine du Rosaura créé en 2002 par les inséparables Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna. Pourtant, point n’est besoin de référence pour se laisser toucher par ce travail, plus calme que d’ordinaire, qui s’ouvre comme une peinture (lumières, Yannick Fouassier), chemine comme à chaque fois, sur un fil ténu entre théâtre et danse et semble parler d’elles-mêmes.
De ce couple étonnant qu’elles forment, l’une danseuse catalane formée au classique et au flamenco ; l’autre, comédienne, registre plutôt comique. Interprètes exigeantes, diamétralement antinomiques et offrant, de ce fait, une singulière complémentarité. Jouant de la présence et non d’éventuels personnages. L’une nue, reposant sa tête sur les genoux de l’autre, vêtue, qui veille, dans une confiance sororale. Ou l’une et l’autre prises dans la même robe-comme deux chenilles dans le même cocon - d’où résulteront deux êtres effarés dans deux robes identiques. A cheval entre deux langues, elles reprennent la même posture à trois reprises - celle de Rosaura, rebelle à sa famille, à la tradition, confiant son repos à sa sœur, l’austère Angustias - pour explorer d’autres jeux possibles.

MaÏä Bouteillet